La collection

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LES ORIGINES

Les collections extra-européennes du Musée d’Angoulême occupent le premier niveau du bâtiment et sont divisées en trois sections : Maghreb, Afrique sub-saharienne et Océanie. La configuration actuelle du musée a permis une véritable mise en valeur, dans leur ensemble, de ces collections jusqu’alors partiellement ou pas du tout présentées dans les salles.

Cette collection, parmi les plus importantes de France dans ce domaine précis, est le résultat de nombreuses donations faites au musée depuis 1934 et d’une politique d’acquisition active menée par le FRAM (Fonds Régional d’Acquisition des Musées) depuis 1982.

Portrait du docteur Jules Lhomme, donateur de 3243 objets extra-européens en 1934Elle compte aujourd’hui plus de 5000 objets. Parmi ces donations celle, en 1934, du docteur Jules Lhomme de 3243 objets extra-européens, reste la plus considérable et initia l’existence d’un fonds extra-européen au Musée d’Angoulême. Ce médecin de la Rouchefoucauld rassembla très tôt (dès le dernier quart du XIXe siècle) des objets de diverses natures provenant d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques. Cette collection a cependant pu être rassemblée sans que le docteur Lhomme ait jamais quitté la France. Il hérita sa passion de la collection de son oncle, Jean Fermond, qui demeure un des pionniers de l’archéologie charentaise. Ce dernier possédait en effet une importante collection archéologique mais également quelques pièces originaires d’Océanie, et en particulier de Nouvelle-Calédonie. Il légua une partie de cet ensemble à son neveu, qui l’intégra à sa propre collection, aujourd’hui conservée au Musée d’Angoulême.

Si Jules Lhomme transmit à la postérité un registre minutieusement tenu des pièces collectées, on connait mal, en revanche, les modalités d’acquisition de ces objets. On a coutume de dire qu’il se fournissait sur les quais de Bordeaux où il se rendait fréquemment pour affaires. Cependant la cohérence de certaines parties de sa collection laisse penser qu’il était entouré de personnes ayant une connaissance certaine de l’Afrique. Ses acquisitions sur les stands des premières foires coloniales et sur les quais des ports où accostaient les bateaux en provenance des colonies, étaient donc très probablement motivées par les conseils de proches avisés ou le fruit d’échanges avec d’autres collectionneurs avertis.

DES ŒUVRES DES 5 CONTINENTS

Sur les 3243 pièces que contient la donation du docteur Lhomme, 75% provient d’Afrique, 12% d’Océanie, 6,4% d’Asie et 5,5% des Amériques. Parmi les deux milliers d’œuvres d’origine africaine, on distingue deux ensembles importants : un, constitué d’armes blanches dont on dénombre plus de 500 pièces et une belle collection de poids à peser l’or du pays akan (Côte d’Ivoire et Ghana actuels).

Ce sont ensuite des sculptures anciennes principalement d’Afrique de l’Ouest (Sénégal, Mali, Guinée, Côte d’Ivoire et Bénin actuels) et d’Afrique centrale (Cameroun, Gabon, République du Congo et République démocratique du Congo actuels), pour certaines uniques, qui font la qualité de cette collection.

D’autres donations ont fait suite à cette première, celle notamment, de Gérard Arrondeau en 1958. Cet ingénieur des mines originaire d’Angoulême donna 384 objets précieusement documentés quant à leur provenance et leur usage, qu’il avait rapportés de ses voyages au Sénégal, en Mauritanie, au Mali et au Niger. En 1979, Madame Marie-Madeleine Lebourg donna pour sa part au musée 68 objets provenant du Gabon et des ex-Congo et Zaïre. Ces objets avaient été collectés par son époux, ingénieur au service de la construction du chemin de fer Congo-Océan, au début du XXe siècle. Signalons également les dons très conséquents, depuis 1995, de M. et Mme Charles Poitevin de Fontguyon d’objets du Maghreb, provenant principalement du Maroc.

Entre 1997 et 2007 des donations exceptionnelles successives de plus de 700 pièces, de Monsieur Hervé Deluen ont considérablement enrichi les collections extra-européennes du musée et plus particulièrement la section africaine, suivies en 2004 par le legs de Madame Renée Bernard de ses carnets de voyages et objets rapportés d’Afrique, en 2007, par le don de céramiques africaines de Monsieur et Madame Corlay et enfin, en 2011, par le don très important de la famille Gauthier d’un fonds complet sur le peuple Fali du Nord Cameroun rassemblé tout au long de sa carrière par l’ethnologue angoumoisin Jean-Gabriel Gauthier.

La politique d’achat du musée, encouragée depuis 1982 par le FRAM, permet de compléter ce bel ensemble en s’efforçant de combler des lacunes comme la sous-représentation -commune à la plupart des musées français- des régions d’Afrique australe et orientale ou l’illustration de certains domaines techniques comme le textile et la céramique, souvent mis au second plan dans les musées.

La présentation de ces œuvres dans les salles tend à mettre en valeur l’histoire particulière de cette collection en rendant hommage aux donateurs, tout en ménageant des espaces d’appréhension de ces différentes régions du monde, par des entrées thématiques et géographiques mêlées.

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